Les chroniques XIXe

1801

Assemblée du Général (2 mai) : délibération pour tirer deux prix en étain, le premier le vendredi suivant et le second le samedi. La cible se pose à 7 heures du matin pour tirer sans interruption jusqu’à 7 heures du soir. L’assemblée pour la parade bat à 5h30 précises du matin.

Le 21 juillet, rapport sur le prêt fait à la République Helvétique — règlement du compte en capital et intérêts auprès de la Chambre administrative de Lausanne.

Le 6 décembre, demande de quelques sociétaires de vendre les vignes de la Société et de placer en créances. La décision de vendre est prise en assemblée générale du 13 décembre.

1802

L’assemblée réduit à trois le nombre des membres du Conseil de Régie, du Receveur et du Secrétaire. Don de la Société à la Commune pour l’établissement d’une pompe à feu.

1803 — 1804

Proposition de faire un nouveau règlement (1803). En 1804, après quelques modifications, le règlement projeté est approuvé par la majorité de l’assemblée. Payé au fils Trottet pour 12 tambours, 10 musiciens, 4 cuirassiers et le marqueur, à chacun 4 batz. Première fête civique le 14 avril — grand tir organisé par les trois communes du cercle, avec 40 fr. de prix du gouvernement.

1805

L’assemblée générale est composée de 138 votants.

1813 — 1814

Réparation de la batue et construction d’un batteur d’eau servant à garantir le Stand des eaux du lac, en accord avec maître Uberty.

1815

Don de 50 francs aux incendiés du village de Charnex, dont 17 maisons et 14 granges avaient brûlé en décembre 1814. En juin, don patriotique de 200 livres au gouvernement, pris sur les revenus des quatre prochaines années — alors que Napoléon Ier est en guerre et que plus de 40’000 hommes sont mobilisés en Suisse. Le 18 juin a lieu la bataille de Waterloo. Le 7 août, le Pacte fédéral entre les 22 cantons est signé à Zurich.

1816 — 1817

Année de famine — la Société souscrit pour 3’000 francs destinés à l’approvisionnement en grains. En 1817, les revenus de l’année sont distribués en blé.

1821

Le nombre de membres augmentant annuellement, 100 fr. sont réservés sur les revenus pour les augmenter.

1823

171 membres présents à l’assemblée générale. Vu les circonstances fâcheuses causées par la grêle de l’année précédente, les tirages sont supprimés et les revenus partagés.

1831

Création d’une commission ad hoc chargée de rédiger de nouveaux règlements (1er mai, 151 votants). Le 17 juillet, assemblée générale extraordinaire pour discuter les nouveaux règlements remplaçant ceux de 1804. Le Président est désormais élu pour trois ans.

1832

Le règlement reçoit l’approbation du Conseil d’État. En cas d’invasion du choléra, le Stand est accordé comme hospice et 80 francs sont prévus pour les pauvres atteints du fléau. L’inventaire des biens mentionne deux drapeaux : l’un aux couleurs de la Société, l’autre aux couleurs cantonales.

1834

Le Conseil délibère pour accorder au gouvernement la salle du Stand afin d’y loger des troupes, à condition que le local soit rendu en bon état à leur départ.

1835 — 1836

Les peupliers ombragent la place du Stand ayant péri, ils sont remplacés par des marronniers. Proposition de faire réparer la veste rouge du marqueur et d’aplanir la place du Stand. Tir fédéral à Lausanne — la Société décide de ne pas envoyer de députation, n’ayant pas offert de prix d’honneur.

1840 — 1841

La Municipalité propose de creuser un puits sur la place devant le Stand. Convention passée avec la Commune — le puits est établi sur la place du Stand.

1842

Achat de 80 prix en meubles pour le premier tirage, portés au Stand par des jeunes filles de La Tour après la parade. Ce sera le début de la tradition d’inviter les jeunes filles à accompagner les Mousquetaires à la Parade.

1844

Proposition de dresser une seconde cible pour le prix franc. L’heure de la parade est avancée à 1 heure de l’après-midi au lieu de 8 heures du matin. L’assemblée générale compte 176 membres.

1851

Le drapeau étant en lambeaux, le Conseil décide d’en faire confectionner un nouveau de 5 pieds carrés en gros de Naples blanc, avec flammes rouges aux quatre coins. D’un côté les armoiries de la Société avec la devise «Dieu est ma Tour et ma Forteresse» ; de l’autre l’écusson vaudois avec «Liberté et Patrie» et deux carabines en sautoir. Coût estimé à 130 francs, exécuté d’après un dessin du peintre Bihler.

1858 — 1859

Nouveau règlement adopté en 1859. La parade militaire a lieu le premier mercredi après l’assemblée générale, à 1 heure. Il y a deux tirs par année, le mercredi et le jeudi suivant l’assemblée, de 6h à 18h. Chaque membre a trois coups par tir. L’assemblée générale a lieu le 1er dimanche de mai, les membres présents reçoivent 2 fr. 50.

1871

L’armée française internée en Suisse (armée de l’Est, général Bourbaki) est répartie sur le territoire. À La Tour, le Stand est transformé en caserne pour recevoir un détachement de soldats.

1876

Tir fédéral à Lausanne. Les Mousquetaires offrent un prix d’honneur sous forme d’une coupe en argent aux armes de la Société. Leur drapeau flotte sur le pavillon des prix.

1881 — 1885

Nouveau règlement adopté. La parade civile a lieu le 1er mercredi après l’assemblée générale, commandée par le sociétaire désigné par les Conseils. En 1885, le terme «parade civile» est remplacé par «parade», laissant la latitude de revêtir l’uniforme — de courte durée, le port de l’uniforme hors service étant ensuite interdit.

1891

Sixième centenaire de la fondation de la Confédération suisse. Un grand cortège traverse les rues de La Tour. Le drapeau des Mousquetaires flotte en compagnie de ceux des autres sociétés.

1892

Nouveaux règlements, en vigueur jusqu’en 1917. Deux jours de tir, le mercredi et le jeudi de l’Ascension. Parade le premier jour de tir à 1 heure.

1894 — 1895

Le Stand ne permettant plus d’utiliser les nouvelles armes à longue portée, l’assemblée générale décide d’abandonner le Stand et de faire désormais ses tirs en un jour au Stand de Gilamont. Le premier tir à Gilamont a lieu le 22 mai 1895 — solution approuvée par les tireurs. Dès lors, les tirs ont lieu le mercredi avant l’Ascension, à 300 mètres, sur deux cibles.

1897

Le drapeau de 1851 étant en fort mauvais état, un nouveau est confectionné d’après un dessin offert gracieusement par M. Maurice Wirz, architecte, et exécuté par M. Louis Lindenmeyer, peintre-décorateur. Sa présentation a lieu le 27 mai devant une nombreuse assistance dans la cour du Collège.

«Comme la plupart des drapeaux des anciennes sociétés suisses, le drapeau de la Société des Mousquetaires tire son origine des enseignes attachés aux régiments qui remplacèrent, au XVIIIe siècle, les bannières dont ils prirent la forme carrée. Ces enseignes portaient des armes de villes ou de provinces ou encore les signes distinctifs de corps de troupes spéciaux.» — Description de M. Wirz

Les drapeaux de la Société furent exécutés en : 1626, 1754, 1851 et 1897.

1898

La Société participe avec ses drapeaux au cortège organisé à La Tour pour commémorer le centenaire de l’Indépendance vaudoise (République Lémanique). Le Stand, propriété de la Société, est vendu à la Commune de La Tour.

Extraits des Notes historiques sur la noble Société des Mousquetaires de La Tour-de-Peilz par François Doge (Klausfelder Vevey 1905) revues et complétées par Emile Gétaz (Klausfelder Vevey 1922) et par Arnold Gétaz (Klausfelder Vevey 1974).